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A Kinshasa, Prisca Tankwey peint pour interroger sa société et favoriser les échanges

Comment représenter sur une fresque murale les dangers de la désinformation ? C’est à ce défi qu’a répondu Prisca Tankwey, artiste touche-à-tout. La jeune femme est assistante chargée de cours au département de peinture de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). Pendant cinq jours, assistée par ses étudiants, elle a relevé le défi.

« C’était un moment de partage et d’échange qui a permis aux étudiants d’explorer davantage les connaissances de leur professeur et de contribuer à la diffusion de ce message de lutte contre la désinformation », note, non sans fierté, Prisca Tankwey.

La fresque représente deux personnes dont l’une, embourbée dans les tourments de la désinformation, est complètement engloutie alors que l’autre en sort, secourue par deux colombes – symbole de paix – qui lui apportent la bonne information et la tirent vers le haut et la lumière de la vérité.

L’œuvre a été réalisée en collaboration avec la Division de la communication stratégique et de l’information publique de la MONUSCO, en marge de la journée internationale de la paix, célébrée chaque 21 septembre. Dévoilée ce 17 septembre par le Secrétaire général adjoint de l’ONU, chargé des Opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, en visite à Kinshasa, la fresque est visible sur le mur de clôture de l’Académie des Beaux-Arts, avenue de la Libération.

Interroger la société

prisca_2_sept_2024 A Kinshasa, Prisca Tankwey peint pour interroger sa société et favoriser les échanges

Prisca Tankwey veut interroger la société à travers son art. Depuis de nombreuses années déjà, l’artiste de 27 ans pratique la peinture, l’illustration et la photographie. « Je crée des œuvres qui interrogent la société et abordent les problématiques actuelles », déclare-t-elle.

Elle fait en sorte que chacune de ses créations reflète ces interrogations. En ce moment, c’est sur la désinformation qu’elle veut interroger ses concitoyens. Le thème à partir duquel sa création a été conçue est : « La désinformation, un fléau qui mine la paix ».

Pour la jeune artiste, utiliser l’art pour lutter contre la désinformation et promouvoir la paix est une nécessité dans une société de plus en plus fragmentée où le faux a tendance à prendre le pas sur le vrai. Mais pour elle, pas question de désespérer. Chacun doit s’engager.

« Pour combattre la désinformation, il faut partir de l’information », soutient-elle, ajoutant que les réseaux sociaux, qui jouent souvent un rôle non négligeable dans la diffusion de fausses nouvelles, peuvent également être utilisés comme canal pour les combattre.

Prisca Tankwey veut voir sa fresque rester longtemps visible sur l’une des artères les plus fréquentées de Kinshasa, afin d’atteindre le maximum de personnes. « Chaque fois que les gens verront cette œuvre, j’espère qu’ils adapteront leur comportement pour ne pas diffuser de fausses informations et promouvoir la paix », espère-t-elle.

prisca_4 A Kinshasa, Prisca Tankwey peint pour interroger sa société et favoriser les échanges

Eduquer à l’art

Pour elle, l’art est bien plus qu’une passion. C’est un engagement. Prisca Tankwey voit dans l’art une forme d’activisme, un moyen puissant de transmettre des émotions et d’exprimer quelque fois des situations difficiles pour vivifier la résilience des personnes qui y font face.

Afin que le plus grand nombre comprenne ce message, la jeune artiste plaide pour une « éducation artistique ». A l’en croire, il est essentiel que le public apprenne à apprécier la beauté et à comprendre la valeur de l’art.

« Tout le monde ne voit pas les choses de la même manière. Il faut une certaine éducation pour que les gens commencent à apprécier le beau », souligne-t-elle, regrettant que peu de personnes mesurent l’apport de l’art dans une société. Et cet apport, Prisca en est convaincue, est considérable.

L’art peut être un lieu de rencontre, un espace où des personnes venues de cultures et d’horizons différents peuvent échanger et apprendre les uns des autres. « Quand on expose des œuvres d’art, ce n’est pas seulement un moment pour une seule personne, mais pour plusieurs. Les gens viennent de partout et c’est ainsi que l’art les réunit », explique-t-elle, martelant que l’art a la capacité de créer des liens, de transmettre des informations et d’inciter à la réflexion.

Prisca Tankwey est très attachée à l’art visuel qu’elle voudrait voir être considéré au même titre que la musique, l’expression artistique la plus reconnue en République démocratique du Congo.

prisca_3_sept_2024 A Kinshasa, Prisca Tankwey peint pour interroger sa société et favoriser les échanges

 

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Le Groupe de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) a lancé une nouvelle plateforme numérique pour suivre les progrès réalisés dans l’intégration de l’égalité des genres dans ses programmes et projets à travers le continent. Le tableau de bord du Système de marqueur de genre est l’équivalent en ligne du Système de marqueur de genre de la Banque — qui classe les programmes ou projets de la Banque en fonction de leur degré de prise en compte de l’égalité des genres et/ou de l’autonomisation des femmes dans leurs objectifs, leurs composantes et les résultats escomptés. Le système de classification selon le genre catégorise la conception d’une opération souveraine ou non souveraine de la Banque en quatre niveaux : GEN I, GEN II, GEN III, GEN IV. GEN I : l’objectif principal du projet est directement lié à l’égalité des genres et/ou à l’autonomisation des femmes. GEN II : l’égalité des genres et/ou l’autonomisation des femmes est l’un des résultats du projet, mais pas le résultat principal. GEN III : un ou plusieurs résultats du projet sont liés à l’égalité des genres et/ou à l’autonomisation des femmes. GEN IV : le projet peut contenir une ou plusieurs activités intégrant la dimension de genre, mais celles-ci sont marginales par rapport à ses réalisations et ses résultats. Le nouveau tableau de bord numérique présente des données liées au genre organisées par secteur, région, pays, année et source de financement, tout en soulignant les domaines dans lesquels des ressources humaines et financières supplémentaires sont nécessaires pour atteindre ou dépasser les classifications basées sur le genre. Le tableau de bord permettra au personnel et aux consultants de la Banque d’accéder aux données relatives au genre pour élaborer les documents de stratégie pays, les revues à mi-parcours, les rapports annuels, les documents de stratégie d’intégration régionale et d’autres documents de la Banque, ainsi que pour la supervision des projets et l’établissement de rapports sur des activités et des résultats spécifiques liés au genre. « Ce tableau de bord du Système de marqueur de genre est la dernière innovation en date dans la manière dont la Banque investit dans les femmes africaines pour stimuler une croissance inclusive, conformément à la Stratégie décennale 2024-2033 », a déclaré Martha Phiri, directrice par intérim du genre, des femmes et de la société civile de la Banque africaine de développement. « L’objectif est d’accélérer nos actions visant à autonomiser les femmes et à réduire les disparités entre les genres, ainsi que de nous tenir responsables de notre engagement à intégrer la dimension de genre dans nos activités. » Lié au système SAP (Systems Applications and Products) de gestion des projets de la Banque, le tableau de bord fournit une base pour le suivi de la mise en œuvre des plans d’action pour l’égalité des genres dans le cadre des opérations de la Banque. Un plan d’action définit des opérations spécifiques, un budget et des responsabilités pour l’intégration de la dimension de genre dans la mise en œuvre d’une opération. La division du genre et de l’autonomisation des femmes au sein du Département du genre, des femmes et de la société civile de la Banque africaine de développement a dirigé l’élaboration du tableau de bord. Avant sa mise en place, les données étaient centralisées et saisies manuellement dans un tableur informatique. La nouvelle plateforme interactive automatise la saisie des données et est accessible via SAP ou l’intranet de la Banque. L’équipe du genre et de l’autonomisation des femmes mettra à jour, tous les mois, les données du tableau de bord du Système de marqueurs de genre. Ces mises à jour régulières permettront à l’ensemble du personnel de comprendre l’impact de leur travail sur la progression de l’égalité des genres, tout en permettant au personnel de faire un meilleur usage stratégique des ressources de la Banque consacrées au genre. « Nous avons observé un enthousiasme incroyable de la part du personnel de la Banque pour veiller à ce que notre travail contribue à la création de sociétés et d’économies plus inclusives. Le tableau de bord du Système de marqueur de genre fournit au personnel les dernières mises à jour relatives au genre, en tout lieu et à tout moment, lorsqu’il est en ligne », a déclaré Mme Phiri. Ce tableau de bord contribuera à renforcer les efforts de la Banque pour garantir qu’au moins 80 % des opérations du secteur public et 50 % des opérations du secteur privé bénéficient directement aux femmes et aux filles. La Stratégie décennale 2024-2033 de la Banque africaine de développement identifie le genre comme un thème transversal prioritaire pour stimuler la transformation de l’Afrique.

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