Guinée Bissau | Coup d’Etat : le nouvel homme fort du pays s’installe

L’armée de Guinée-Bissau a installé jeudi 27 novembre, le général Horta Nta Na Man comme président de transition, selon un communiqué de l’armée, au lendemain du renversement du pouvoir civil par les soldats lors d’une prise de pouvoir rapide qui a suivi un scrutin présidentiel contesté.
La veille, le «Haut Commandement militaire pour le rétablissement de l’ordre, autoproclamé, a annoncé dans une déclaration télévisée avoir destitué le président Umaro Sissoco Embalo, dans le dernier épisode de troubles qui secoue ce pays habitué aux coups d’Etat. La prise de contrôle par l’armée est intervenue la veille de l’annonce prévue des résultats provisoires de l’élection présidentielle opposant Umaro Sissoco Embalo à Fernando Dias, 47 ans, un novice en politique qui s’est néanmoins imposé comme le rival le plus menaçant du chef de l’Etat sortant.
Avant l’annonce du coup de force de l’armée, des témoins ont rapporté avoir entendu des coups de feu pendant environ une heure dans la capitale, Bissau, près du siège de la Commission électorale et du palais présidentiel. Dans la foulée, Embalo a contacté la presse parisienne pour annoncer qu’il avait été arrêté et qu’il ignorait où il se trouvait.
Le président de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a condamné le coup d’Etat et a appelé à «la libération immédiate et inconditionnelle d’Embalo et de tous les responsables détenus.» Les chefs d’Etat de la Cédéao ont également condamné le coup d’Etat et exprimé leur inquiétude face aux arrestations signalées du président sortant, de hauts responsables et de personnel électoral.
Le centre de Bissau était globalement calme jeudi, rapporte l’agence Reuters malgré la présence massive de soldats dans les rues et le fait que de nombreux habitants restaient chez eux même après la levée du couvre-feu nocturne. Les commerces et les banques étaient restés fermés.
Le principal opposant d’Embalo dénonce «une mise en scène d’un coup d’Etat»
Dans une déclaration vidéo, Dias avait accusé le chef de l’Etat sortant d’avoir orchestré une «fausse tentative de coup d’Etat» pour faire dérailler l’élection car il craignait de perdre. Dans un communiqué transmis à Reuters, la coalition soutenant Fernando Dias a exigé la publication des résultats de la présidentielle. La coalition a également réclamé la libération de l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, battu par Embalo lors des élections de 2019. Il a été arrêté mercredi, selon des proches et des sources sécuritaires.
La Guinée-Bissau est un petit pays côtier situé entre le Sénégal et la Guinée.
Depuis son indépendance en 1974, le pays a été secoué par au moins neuf coups d’Etat et tentatives de coups d’Etat. Embalo affirme avoir survécu à trois tentatives de coup d’Etat durant son mandat commencé en 2019. Ses détracteurs l’accusent de créer des crises artificielles pour justifier des répressions.



