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Présidentielle en Côte d’Ivoire : le rôle central de la CEI et du Conseil constitutionnel

Abidjan, 4 octobre 2025
À quelques semaines de l’élection présidentielle ivoirienne, prévue le 25 octobre, deux institutions jouent un rôle clé pour garantir le bon déroulement du scrutin : la Commission électorale indépendante (CEI) et le Conseil constitutionnel. Leur mission : assurer la transparence, la légalité et la régularité du processus électoral, bien que leur impartialité soit régulièrement remise en question.

La CEI, garante de l’organisation du scrutin

Autorité administrative indépendante disposant de son propre budget, la CEI supervise l’ensemble des opérations électorales et référendaires. Elle est responsable de la gestion et de la mise à jour de la liste électorale, de la collecte des parrainages citoyens — obligatoire depuis 2020 — ainsi que de la réception et du contrôle des dossiers de candidature.

L’institution organise également la logistique du scrutin : acheminement du matériel électoral, installation des bureaux de vote, formation des agents électoraux et transmission des résultats provisoires. Pour la sécurité et le soutien matériel, elle s’appuie sur le ministère de l’Intérieur.

Le Conseil constitutionnel, arbitre juridique

Le Conseil constitutionnel intervient à plusieurs étapes du processus : il valide l’éligibilité des candidats, tranche les contentieux électoraux, supervise le dépouillement et proclame les résultats définitifs. En cas d’irrégularités graves susceptibles de fausser le scrutin, il peut prononcer une annulation totale ou partielle des élections.

L’histoire électorale ivoirienne rappelle l’importance de son rôle : en 2010, la proclamation contradictoire des résultats avait déclenché une grave crise post-électorale ayant fait plus de 3 000 morts.

Des institutions critiquées pour leur impartialité

Malgré les outils institutionnels en place, la CEI et le Conseil constitutionnel sont régulièrement accusés de partialité. En 2025, la CEI a confirmé l’inéligibilité de plusieurs figures de l’opposition — dont Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro — et radié Tidjane Thiam de la liste électorale, déclenchant des polémiques sur l’indépendance du processus.

Parmi les 18 membres de la CEI, six sont liés au pouvoir, cinq représentent l’opposition, six la société civile et un dernier le Conseil supérieur de la magistrature. Son président depuis 2019, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, défend la neutralité de l’institution, tandis que l’opposition réclame un rééquilibrage et a suspendu sa participation en signe de protestation.

Ces débats soulignent les défis de la crédibilité électorale en Côte d’Ivoire, alors que le pays s’apprête à choisir son prochain président pour les cinq années à venir.

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