Scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 : le Cameroun entre dans la dernière ligne droite d’une campagne décisive

À quelques jours du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, le Cameroun entre dans la dernière ligne droite d’une campagne décisive. Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 43 ans, brigue un huitième mandat consécutif, illustrant la longévité exceptionnelle d’un dirigeant au cœur d’un système politique verrouillé. Face à lui, onze candidats, dont certains, comme Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari, issus du sérail, peinent à incarner une véritable alternance.
La campagne reste marquée par l’absence physique du président sortant, dont le RDPC mobilise sans qu’il ne se montre publiquement depuis février. Cette stratégie entretient l’image d’un pouvoir distant, mais solidement ancré.
Sur le plan électoral, Elecam, l’organisme chargé du vote, est critiqué pour son opacité et ses retards dans la publication des listes électorales, soulevant des inquiétudes sur la transparence du scrutin. Le SDF de Joshua Osih dénonce des irrégularités pouvant compromettre la surveillance des bureaux de vote.
Le contexte sécuritaire reste tendu dans les régions anglophones, même si un leader séparatiste exilé a annoncé une trêve temporaire des opérations « villes mortes » pour permettre le vote.
Sur le terrain, Issa Tchiroma a marqué les esprits en présentant publiquement des excuses aux populations anglophones, un geste salué par certains mais jugé électoraliste par le camp présidentiel.
Au total, cette campagne met en lumière les failles du pluralisme politique camerounais, dominé par un parti-État puissant, une opposition fragmentée et un appareil électoral contesté. Le scrutin du 12 octobre se jouera entre continuité autoritaire et aspiration au changement, dans un climat de méfiance et d’attente.



