
Le président américain a brandi, mardi 3 mars, la menace d’une rupture commerciale avec l’Espagne. Il lui reproche d’avoir refusé que les États-Unis utilisent des bases militaires situées en Andalousie dans le cadre de leurs opérations contre l’Iran, ainsi que de ne pas consacrer 5 % de son PIB aux dépenses de défense.
Selon Washington, l’état-major souhaitait mobiliser deux installations militaires en Andalousie pour soutenir ses opérations. Madrid s’y est opposé, une décision que Donald Trump a vivement critiquée. Il a accusé l’Espagne d’avoir été « inamicale » et « très, très peu coopérative », soulignant qu’elle est, selon lui, le seul pays de l’OTAN à refuser de porter son budget de défense à 5 %. « Nous allons donc cesser tout commerce avec l’Espagne », a-t-il déclaré, affirmant ne plus vouloir « rien avoir à faire » avec le pays.
Présent à ses côtés dans le Bureau ovale, le chancelier allemand Friedrich Merz s’est montré prudent. Interrogé sur la possibilité de sanctions contre l’Espagne, il a choisi de recentrer son propos sur les engagements au sein de l’OTAN, évoquant la nécessité pour les alliés d’atteindre 3,5 % du PIB pour la défense et 1,5 % pour les infrastructures militaires. À l’issue de la rencontre, il a toutefois assuré être confiant quant au maintien de la présence militaire américaine en Allemagne.
De son côté, le gouvernement espagnol a répondu par communiqué en rappelant que l’Espagne est « un partenaire commercial fiable pour 195 pays », dont les États-Unis. Il précise que toute révision des relations commerciales devrait respecter le droit international, l’autonomie des entreprises privées et les accords bilatéraux conclus entre l’Union européenne et Washington.
Madrid affirme également disposer des moyens nécessaires pour amortir d’éventuelles répercussions économiques, soutenir les secteurs concernés et diversifier ses chaînes d’approvisionnement.
Plus tôt dans la journée, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait indiqué ne pas avoir été saisi d’une quelconque plainte américaine au sujet des bases de Rota et Morón, rappelant que ces installations, bien qu’utilisées conjointement avec les États-Unis, demeurent sous souveraineté espagnole.



