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La Chine va acheter «jusqu’à 120 Airbus», confirme à Pékin le chancelier allemand Friedrich Merz

Le chancelier allemand Friedrich Merz effectue sa première visite à Pékin depuis son arrivée à la tête du gouvernement en mai de l’année dernière. Une visite largement dominée par les questions commerciales pour l’ancien homme d’affaires. Il a en outre annoncé à Pékin une commande allant « jusqu’à 120 » avions passée par la Chine auprès de l’avionneur européen Airbus.

Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés ce 25 février à Pékin pour renforcer la coopération entre l'Allemagne et la Chine.
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés ce 25 février à Pékin pour renforcer la coopération entre l’Allemagne et la Chine. © Jessica Lee / AP

C’est dans le décor monumental du Palais du Peuple que Xi Jinping reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz. Son pays est perçu de plus en plus en Allemagne comme un dangereux concurrent, mais le dirigeant chinois s’en défend et promet de fructueuses relations à son interlocuteur. « Je me réjouis de travailler avec vous, monsieur le chancelier, afin de permettre au partenariat stratégique sino-allemand de parvenir sans cesse à de nouvelles avancées », a déclaré le président chinois.

Le chancelier allemand a d’ailleurs annoncé que Pékin avait passé une commande allant jusqu’à 120 avions auprès d’Airbus, fleuron européen de l’aéronautique. « Nous venons d’apprendre que les dirigeants chinois vont commander davantage d’avions auprès de l’entreprise Airbus. Ce sont jusqu’à 120 avions supplémentaires qui vont être commandés à Airbus », a-t-il déclaré à des journalistes. Il n’a pas fourni plus de précisions sur la commande, en particulier sur le type d’appareils.

Il a fait état d’autres « contrats en vue » et d’avancées « très concrètes » sur d’autres dossiers, mais non encore conclues définitivement, sans davantage de détails.

Soigner les relations commerciales

L’Allemagne et la Chine font face aux mêmes turbulences : tensions géopolitiques, ralentissement économique et pressions commerciales croissantes des États-Unis. Dans ce climat, Pékin cherche à consolider ses relations avec les grandes économies européennes, explique notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst. « Plus le monde devient turbulent, plus la Chine et l’Allemagne doivent renforcer leur communication stratégique et leur confiance mutuelle, afin de soutenir la coopération avec l’Europe et la stabilité mondiale », a déclaré Xi Jinping.

Mais derrière cette vision stratégique, les enjeux économiques dominent largement la relation bilatérale. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Allemagne, mais tandis que les importations allemandes en provenance de Chine augmentent fortement, les exportations reculent, creusant un déséquilibre croissant.

Friedrich Merz insiste sur la nécessité d’un dialogue franc et d’une relation plus équitable : « Le déficit entre l’Allemagne et la Chine est actuellement au-dessus des 80 milliards d’euros. Depuis 2020, ça a été multiplié par 4. Ce n’est pas une dynamique saine. On s’y attelle pour trouver des moyens de réduire ce déficit commercial que nous subissons. »

Le chancelier allemand a présenté la commande passée à Airbus comme illustrant le potentiel de la relation avec la Chine. Durant 20 ans, la Chine a été un formidable débouché pour l’industrie allemande, mais l’industrie chinoise devenue ultra-compétitive livre désormais une concurrence féroce aux entreprises allemandes.

Friedrich Merz le sait mais il veut malgré tout soigner ses relations avec un marché qui reste incontournable. « Nous sommes deux des trois plus grandes nations industrielles au monde. C’est une grande responsabilité, mais aussi une formidable opportunité. Et la délégation d’hommes d’affaires qui suit ce voyage cherche aussi à saisir de nouvelles opportunités dans nos relations », soutient le chancelier allemand.

Pas question d’abord d’évoquer publiquement les sujets de discorde : ils sont pourtant nombreux entre la Chine et l’Allemagne – à commencer par la sous-évaluation du yuan et des subventions massives réservées par Pékin aux industriels chinois.

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