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Alassane Ouattara, l’économiste-président en quête d’un nouveau mandat en Côte d’Ivoire

Le président ivoirien Alassane Ouattara a officiellement annoncé mardi 29 juillet sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025, mettant fin à plusieurs semaines de suspense. À 83 ans, il brigue un quatrième mandat à la tête de la Côte d’Ivoire, un pays qu’il dirige depuis 2011. Ancien haut fonctionnaire international, cet économiste est à la fois reconnu pour ses succès dans la transformation économique du pays et critiqué pour son style de gouvernance qualifié d’autoritaire par ses opposants.

Une carrière internationale avant la politique ivoirienne

Né en 1942 à Dimbokro, dans le centre du pays, Alassane Ouattara appartient à l’ethnie malinké et a fait ses études en partie au Burkina Faso, avant d’obtenir un doctorat en économie aux États-Unis. Sa carrière débute au Fonds monétaire international (FMI) dans les années 1970, où il occupe plusieurs postes jusqu’à devenir directeur général adjoint de 1994 à 1999. Il dirige également la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Rappelé en Côte d’Ivoire en 1990 par le président Félix Houphouët-Boigny, il devient Premier ministre pendant une période économique difficile, mais son profil de technocrate et son parcours international lui valent d’être perçu par certains comme un homme extérieur à la politique locale.

Les défis de l’ »ivoirité » et une décennie de crise

À la mort de Houphouët-Boigny en 1993, le pays sombre dans l’instabilité. La candidature d’Alassane Ouattara est contestée en raison de son origine supposée burkinabè, sur fond d’idéologie xénophobe appelée « ivoirité ». Exclu de la présidentielle de 2000, il voit une rébellion éclater dans le nord du pays en 2002, divisant la Côte d’Ivoire entre un nord contrôlé par les rebelles et un sud loyal à Laurent Gbagbo.

L’élection présidentielle de 2010 débouche sur une crise majeure : la commission électorale proclame Ouattara vainqueur, mais le Conseil constitutionnel donne la victoire à Gbagbo, provoquant des violences meurtrières. Après une intervention militaire conjointe, Laurent Gbagbo est arrêté en 2011, et Ouattara prend officiellement le pouvoir.

Une croissance économique forte mais des inégalités persistantes

Sous la présidence d’Ouattara, la Côte d’Ivoire devient l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique, avec des taux de croissance supérieurs à 7 % par an. D’importants investissements sont réalisés dans les infrastructures : routes, ponts, électrification rurale, ports et stades. Le pays reste le premier producteur mondial de cacao.

Cependant, la corruption demeure un fléau, et les inégalités sociales continuent de se creuser. Les secteurs essentiels comme la santé et l’éducation restent sous-financés, tandis que la dette publique atteint près de 60 % du PIB, un sujet de controverse entre le pouvoir et l’opposition.

Un acteur régional clé

Alassane Ouattara est aussi un médiateur respecté en Afrique de l’Ouest, jouant un rôle actif au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). La réussite de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2024, organisée en Côte d’Ivoire, a renforcé l’image du pays sur le plan diplomatique.

Néanmoins, la région reste marquée par l’instabilité, notamment au Sahel où les groupes jihadistes sévissent. La Côte d’Ivoire maintient une politique sécuritaire active pour prévenir toute propagation de la violence, alors que certains pays voisins connaissent des régimes militaires hostiles.

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