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Madagascar : Michael Randrianirina, du soutien à Rajoelina au nouveau visage du pouvoir militaire

Le colonel Michael Randrianirina, 51 ans, est devenu en quelques jours la figure centrale de la nouvelle crise politique malgache. À la tête du coup de force militaire du 14 octobre 2025, il se présente comme le « restaurateur de l’ordre » plutôt que comme un putschiste, tout en s’apprêtant à être investi président par la Haute Cour constitutionnelle. Portrait et décryptage d’un officier discret devenu le nouvel homme fort de la Grande Île.

D’un allié de 2009 à l’adversaire de 2025

Randrianirina, commandant du Capsat, avait aidé Andry Rajoelina à accéder au pouvoir lors du coup d’État de 2009. Aujourd’hui, il est celui qui l’en déloge. Son unité militaire a profité de la vacance du pouvoir – Rajoelina ayant fui le pays selon RFI – pour prendre le contrôle des institutions.

La Haute Cour constitutionnelle, constatant « l’absence de président, de gouvernement et de président du Sénat », l’a officiellement invité à exercer les fonctions de chef de l’État. La Constitution a été suspendue, ouvrant une transition militaire de facto.

Un parcours militaire classique… jusqu’à la rupture

Formé à l’académie militaire d’Antsirabe, ancien gouverneur d’Androy (2016-2018), puis chef de bataillon à Toliara, Randrianirina gravit les échelons avant de rejoindre le Capsat, unité d’élite très influente. Évangéliste au sein de l’Église luthérienne, il reste discret sur sa vie privée.

Mais son virage politique est marqué par une opposition croissante à Rajoelina : accusé en 2023 d’incitation à la mutinerie, il est arrêté puis condamné avec sursis. Libéré en 2024, il retrouve son poste… et prépare sa rupture.

Le 11 octobre 2025, face aux manifestations de la jeunesse (GenZ), il appelle les forces armées à désobéir aux ordres de répression. Certains soldats le suivent. Trois jours plus tard, il prend le pouvoir.

Un discours populiste et prudent

Randrianirina se présente comme un exécutant du « commandement militaire supérieur » et insiste : « Le pouvoir appartient au peuple, pas à moi. » Il promet un gouvernement consensuel, des élections dans 18 à 24 mois, et assure ne pas.

Cette contradiction – se dire simple officier tout en devenant chef d’État – interroge sur la réalité du futur partage du pouvoir.

Analyse : un militaire pragmatique soutenu par la jeunesse… mais face à des défis énormes.
L’histoire malgache montre que les militaires promettent souvent des élections… mais prolongent leur pouvoir.

Michael Randrianirina apparaît comme un symbole d’espoir pour une partie du peuple, mais aussi comme un risque de répétition des cycles de crises. Son défi sera de prouver qu’il n’est pas un nouveau Rajoelina… dans un pays où les hommes forts finissent souvent par se ressembler.

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